{"id":982,"date":"2025-11-24T18:00:00","date_gmt":"2025-11-24T17:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/lettresdephobos.com\/?p=982"},"modified":"2026-01-24T19:34:44","modified_gmt":"2026-01-24T18:34:44","slug":"chapitre-1-un-homme-formidable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/2025\/11\/24\/chapitre-1-un-homme-formidable\/","title":{"rendered":"Un homme formidable &#8211; Natrix Somnia 1\/7"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-background\" style=\"border-width:6px;background-color:#e2d0a3\">Apr\u00e8s la mise en ligne du prologue il y a quinze jours, voici le premier des sept chapitres de<em> Natrix Somnia<\/em>, une nouvelle dont le point de d\u00e9part f\u00fbt une baignoire dans une cave en Bretagne.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div style=\"height:64px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Le soir de ses soixante ans, aux alentours d\u2019une heure du matin, Ga\u00ebl s\u2019est rendu dans son garage, a d\u00e9fait la corde d\u2019une poulie accroch\u00e9e \u00e0 la charpente et s\u2019est pendu alors que ses amis et employ\u00e9s dansaient, un verre \u00e0 la main, dans la pi\u00e8ce d\u2019\u00e0-c\u00f4t\u00e9. Ils le trouv\u00e8rent mort vingt minutes plus tard et n\u2019oublieront jamais la d\u00e9flagration de cette d\u00e9couverte. C\u00e9libataire et n\u2019ayant pas d\u2019enfant, il laissait derri\u00e8re lui, pour l\u2019essentiel, une distillerie florissante et une vieille maison de famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis cette soir\u00e9e, six mois sont pass\u00e9s durant lesquels la maison est rest\u00e9e inhabit\u00e9e. Derri\u00e8re ses volets ferm\u00e9s, la poussi\u00e8re a recouvert les meubles et les livres, le froid a pris possession des murs et la chemin\u00e9e a conserv\u00e9 ses cendres. Le jardin s\u2019est transform\u00e9 en capharna\u00fcm d\u2019herbes, de ronces et de lierre. Sur les piliers de pierre qui marquent l\u2019entr\u00e9e&nbsp;de la propri\u00e9t\u00e9, il faudrait arracher la v\u00e9g\u00e9tation pour y lire son nom&nbsp;: <em>An Hu\u00f1vre,<\/em> le R\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais aujourd\u2019hui, il y a du bruit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Quelqu\u2019un est l\u00e0. C\u2019est Raymond, le demi-fr\u00e8re de Ga\u00ebl et son l\u00e9gataire par la force des choses. Il est arriv\u00e9 quelques jours plus t\u00f4t, dans sa vieille Citro\u00ebn, avec une valise et les cl\u00e9s serr\u00e9es dans son poing. Malgr\u00e9 le froid givr\u00e9 du matin, il est rest\u00e9 devant l\u2019entr\u00e9e de longues minutes pour prendre la mesure de la b\u00e2tisse et retrouver des souvenirs. \u00c0 vrai dire, il n\u2019en a pas beaucoup. Il n\u2019a v\u00e9cu ici qu\u2019un \u00e9t\u00e9, et c\u2019\u00e9tait il y a cinquante ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Raymond, lui aussi, f\u00eatera bient\u00f4t ses soixante ans. Avec ses filles, si tout va bien. Il ne sait pas grand-chose de l\u2019histoire de ses propres parents. Ils s\u2019\u00e9taient aim\u00e9s un peu, sans doute. Mais son p\u00e8re \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9. Il avait m\u00eame un premier fils, n\u00e9 quelques mois avant lui. L\u2019arriv\u00e9e de Raymond n\u2019avait rien chang\u00e9 \u00e0 cette situation. Il lui arrivait de voir son p\u00e8re certains samedis, mais son fr\u00e8re, jamais. Ils grandissaient loin l\u2019un de l\u2019autre. Deux vies parall\u00e8les. Raymond l\u2019imaginait comme un double de lui-m\u00eame, en mieux. Il s\u2019inventait des jeux o\u00f9 il \u00e9tait son compagnon invisible, ou des mots d\u2019argots secrets rien que pour eux deux. Il n\u2019\u00e9tait pas malheureux pour autant, le solide amour de sa m\u00e8re suffisait \u00e0 lui procurer une forme d\u2019\u00e9quilibre.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de pousser la porte de <em>An Hu\u00f1vre<\/em>, Raymond se souvient que quelque chose changea l\u2019ann\u00e9e de ses dix ans. Les visites de son p\u00e8re cess\u00e8rent et sa m\u00e8re refusa ne serait-ce que de mentionner son existence. Ses questions n\u2019entra\u00eenaient que des silences, mais il ne s\u2019en inqui\u00e9ta pas. Sa m\u00e8re ne pleurait plus le soir et, apr\u00e8s tout, il n\u2019aimait pas tellement cet homme. Il regrettait seulement l\u2019absence de son fr\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s ses premiers pas sur le parquet de ch\u00eane qui craque sous ses pieds, d\u00e8s sa veste accroch\u00e9e au vestiaire art nouveau, d\u00e8s sa valise pos\u00e9e sur le sofa du couloir, Raymond prend conscience que son fr\u00e8re est partout. Ses affaires sont l\u00e0, intactes, pr\u00eates \u00e0 \u00eatre \u00e0 nouveau utilis\u00e9es. Elles dorment dans l\u2019air lourd mais elles fr\u00e9missent \u00e0 son passage. \u00c0 moins que ce ne soit le tremblement de la poussi\u00e8re dans les rais de lumi\u00e8re. Vider la maison va demander beaucoup de travail. En traversant les pi\u00e8ces, il essaie d\u2019estimer le temps n\u00e9cessaire pour la mettre en vente. Il y aura sans doute un coup de peinture \u00e0 mettre ici et l\u00e0, de mauvaises surprises. Mais il n\u2019est pas perturb\u00e9. Au contraire, il a envie de prendre son temps, de fr\u00f4ler la vie de son demi-fr\u00e8re du bout des doigts, de comprendre pourquoi il n\u2019avait pas fond\u00e9 de famille. Comprendre la fin qu\u2019il s\u2019\u00e9tait choisie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est encore t\u00f4t, le lendemain matin, lorsque quelqu\u2019un frappe \u00e0 la porte. Raymond \u00e9teint le feu sous la cafeti\u00e8re italienne, ouvre la porte. Derri\u00e8re elle, un homme en cir\u00e9 d\u00e9gouline d\u2019eau. Il tient dans ses mains un morceau de gibier saignant, emball\u00e9 de cellophane. Il s\u2019appelle Letourneur. Il passe en \u00ab&nbsp;bon voisin&nbsp;\u00bb pour souhaiter la bienvenue. Raymond lui propose d\u2019entrer profiter du caf\u00e9 frais. Autant satisfaire la curiosit\u00e9 de cet homme rapidement et passer \u00e0 autre chose. Mais il commence par lui mentir. Il pr\u00e9f\u00e8re se pr\u00e9senter comme un cousin \u00e9loign\u00e9. Il ignore tellement de choses sur Ga\u00ebl et sur son p\u00e8re que cela lui para\u00eet plus proche de la v\u00e9rit\u00e9. Pour un premier contact, c\u2019est aussi plus facile \u00e0 assumer que le statut d\u2019enfant ill\u00e9gitime issu d\u2019un adult\u00e8re. Raymond est un homme moderne mais il a ses limites.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Un homme formidable qui a fait beaucoup de bien autour de lui. Mourir comme \u00e7a, c\u2019est incompr\u00e9hensible<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la premi\u00e8re chose que Letourneur dit \u00e0 propos de Ga\u00ebl. Puis, il parle de la distillerie, toujours ouverte et toujours active malgr\u00e9 sa disparition. Raymond n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 la voir. Pourtant, c\u2019est la grande r\u00e9ussite de la famille. Cr\u00e9\u00e9e par son p\u00e8re \u00e0 force de travail acharn\u00e9, le fils pris ensuite le flambeau pour cr\u00e9er un des premiers whiskys bretons. Une fiert\u00e9 locale. Il n\u2019en savait pas plus, et encore, ces informations lui avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es par le notaire. Letourneur se lance dans un \u00e9loge du \u00ab&nbsp;bon patron&nbsp;\u00bb \u00e0 poigne mais philanthrope. Il a l\u2019air sinc\u00e8re. Raymond allume une cigarette. Il n\u2019\u00e9coute plus vraiment. Machinalement, il ressert une tasse de caf\u00e9 \u00e0 Letourneur qui poursuit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il n\u2019avait jamais un mot m\u00e9chant pour personne. Vous savez, il a d\u00fb supporter tellement de comm\u00e9rages plus jeune qu\u2019il savait le mal que \u00e7a peut faire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 J\u2019ai connu \u00e7a aussi. Ce n\u2019est jamais facile. Vous le connaissiez depuis longtemps&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Oh oui, on \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9cole ensemble&nbsp;! Mais, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, on n\u2019\u00e9tait pas vraiment copains. Mes parents, c\u2019\u00e9tait vraiment l\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration. Ils n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s ouverts.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Ga\u00ebl&nbsp;posait probl\u00e8me&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Pas lui, non, non. Plut\u00f4t ses parents. Vous savez, un exemple&nbsp;: on ne les voyait jamais \u00e0 l\u2019\u00c9glise. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, la messe c\u2019\u00e9tait quelque chose d\u2019important. Il fallait s\u2019y montrer. Enfin, moi, quand j\u2019ai pu ne plus y aller, je ne me suis pas pos\u00e9 la question plus de deux minutes, hein&nbsp;! Mais voil\u00e0, ils restaient beaucoup entre eux. Le p\u00e8re avait d\u00e9j\u00e0 la distillerie. Elle marchait bien, m\u00eame tr\u00e8s bien, il embauchait mais ne gardait jamais les employ\u00e9s longtemps. Puis, tout a commenc\u00e9 \u00e0 se casser la figure sans qu\u2019on comprenne pourquoi. Je ne sais pas si je dois vous le dire, je ne veux pas vous mettre mal \u00e0 l&rsquo;aise, mais vous savez, le p\u00e8re, il \u00e9tait un peu volage avec des filles qui \u00e9taient trop jeunes pour lui. \u00c7a s\u2019est su. Les gens n\u2019ont pas appr\u00e9ci\u00e9. La famille s\u2019est coup\u00e9e encore un peu plus du reste du village. Les fils sont punis pour les p\u00e9ch\u00e9s des p\u00e8res&#8230; je n\u2019avais pas le droit de fr\u00e9quenter Ga\u00ebl. Et puis, \u00e7a ne s\u2019est pas arrang\u00e9 les ann\u00e9es suivantes, avec le d\u00e9part de sa m\u00e8re, la faillite&#8230; Dans une petite ville comme la n\u00f4tre, les histoires circulent vite.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Letourneur parti, Raymond reste songeur. La faillite de son p\u00e8re, le d\u00e9part de sa femme. Il ne savait rien de tout \u00e7a. Sa m\u00e8re ne lui en avait jamais parl\u00e9. Est-ce qu\u2019elle \u00e9tait m\u00eame au courant\u00a0? \u00c0 cette p\u00e9riode, ils vivaient loin d\u2019ici, dans le sud. Il avait dix-sept ans et ses propres drames intimes \u00e0 affronter. Son fr\u00e8re \u00e9tait devenu une incarnation fantasm\u00e9e de tout ce qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas\u00a0: un jeune homme \u00e9panoui, sans limite et promis \u00e0 un bonheur complet. Mais voil\u00e0 que, presque cinquante ans plus tard, Raymond se retrouve dans une maison qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 la sienne, des lettres de condol\u00e9ances de parfaits inconnus entass\u00e9es sur la table. Son fr\u00e8re a mis fin \u00e0 ses jours et il n\u2019a rien, rien du tout, pour l\u2019expliquer.<\/p>\n\n\n\n<p>Assis dans un fauteuil de velours rouge, il laisse la nuit venir et la pi\u00e8ge dans la toile de ses pens\u00e9es. Une violente averse s\u2019abat sans discontinuer sur les vitres qui tremblent. Raymond d\u00e9teste le mauvais temps. Vingt ans plus t\u00f4t, un psychiatre lui avait d\u00e9clar\u00e9 \u00ab&nbsp;Vous \u00eates ombrophobe, monsieur&nbsp;\u00bb. \u00c7a ne l\u2019avait pas vraiment aid\u00e9 et cette peur \u00e9tait rest\u00e9e accroch\u00e9e \u00e0 lui encore de nombreuses ann\u00e9es. Il repense aux paroles de Letourneur et se demande ce qu\u2019auraient \u00e0 dire ses propres voisins \u00e0 son sujet&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019\u00e9tait un homme pr\u00e9voyant. Une fois, il m\u2019a pr\u00eat\u00e9 son parapluie. Puis, il a sonn\u00e9 \u00e0 la maison \u00e0 deux heures du matin. Il a r\u00e9veill\u00e9 les gosses. Il voulait le r\u00e9cup\u00e9rer&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les yeux de Raymond suivent lentement le contour des \u00e9cailles de peinture qui serpentent le long des menuiseries des fen\u00eatres, pistent les gouttes qui glissent derri\u00e8re la vitre. Il se souvient d\u00e9j\u00e0 un peu mieux de l\u2019\u00e9t\u00e9 qu\u2019il a pass\u00e9 ici, \u00e0 <em>An Hu\u00f1vre<\/em>, l\u2019\u00e9t\u00e9 de ses dix ans. Il sait d\u00e9sormais que de vieux souvenirs l\u2019attendent sur le pas de la porte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"border-width:6px;background-color:#e2d0a3\">Revenez sur <em>Les Lettres de Phob\u00f3s<\/em> pour lire la deuxi\u00e8me partie de <em>Natrix Somnia<\/em> le lundi 8 d\u00e9cembre \u00e0 18h.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Illustration de l&rsquo;article : Photographie d&rsquo;une couleuvre \u00e0 collier (Natrix Helvetica) par Bernie Kohl, Domaine Public<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s la mise en ligne du prologue il y a quinze jours, voici le premier des sept chapitres de Natrix Somnia, une nouvelle dont le point de d\u00e9part f\u00fbt une baignoire dans une cave en Bretagne.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":997,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[59,3],"tags":[63,60,64],"class_list":["post-982","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-natrix-somnia","category-nouvelles","tag-famille","tag-frere","tag-secret"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/lettresdephobos.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/AD2009Aug07_Natrix_helvetica_02.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/982","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=982"}],"version-history":[{"count":42,"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/982\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1554,"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/982\/revisions\/1554"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/997"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=982"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=982"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=982"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}