{"id":933,"date":"2025-11-10T18:00:00","date_gmt":"2025-11-10T17:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/lettresdephobos.com\/?p=933"},"modified":"2025-11-24T22:37:42","modified_gmt":"2025-11-24T21:37:42","slug":"la-fille-aux-bains-de-laube-prologue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/2025\/11\/10\/la-fille-aux-bains-de-laube-prologue\/","title":{"rendered":"La fille aux bains de l\u2019aube &#8211; prologue de Natrix Somnia"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"is-style-default has-background\" style=\"border-width:5px;background-color:#3989be\"><strong>Ces prochaines semaines, je vous propose de d\u00e9couvrir une nouvelle sur laquelle je travaille depuis une ann\u00e9e : <em>Natrix Somnia<\/em>. Voici son prologue.<\/strong> <strong>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un conte, lui-m\u00eame inspir\u00e9 d&rsquo;une l\u00e9gende que vous d\u00e9couvrirez plus tard. Comme tous les contes, il est fait pour r\u00e9sonner avec nos vies et avec leurs douleurs. Sa lecture pourrait les r\u00e9veiller (un peu). <br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div style=\"height:42px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Vous pouvez accompagner la lecture par un peu de musique <\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:42px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div style='margin:0 auto'><iframe style=\"border: 0; width: 560px; height: 435px;\" src=\"https:\/\/bandcamp.com\/VideoEmbed?track=2034494870&#038;bgcol=ffffff&#038;linkcol=0687f5\" mozallowfullscreen=\"1\" webkitallowfullscreen=\"1\" allowfullscreen=\"1\" seamless><\/iframe><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:42px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Au pays de Saint Tugdual vivait une douce enfant \u00e0 la beaut\u00e9 de f\u00e9e. Son nom invoquait dans les m\u00e9moires le go\u00fbt des petites baies sucr\u00e9es cueillies dans les haies de l\u2019enfance. \u00c0 l\u2019exception des serpents, elle se faisait ob\u00e9ir de toutes les cr\u00e9atures de Dieu, m\u00eame les plus sauvages, en leur parlant gentiment. Elle n\u2019\u00e9tait pas avare de ce don dont elle faisait profiter les autres fermes et villages. Arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge de fr\u00e9quenter et de se marier, elle choisit le plus beau, le plus courageux des hommes du pays. Un presque noble. Leur amour f\u00fbt intense et l\u2019entente de leurs int\u00e9r\u00eats harmonieuse pendant longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, d\u00e8s sa premi\u00e8re maternit\u00e9, elle exigea qu\u2019il n\u2019assiste pas \u00e0 ses couches. Elle craignait que son regard ne soit d\u00e9\u00e7u et entach\u00e9 \u00e0 tout jamais. Au quotidien d\u00e9j\u00e0, elle d\u00e9ployait de complexes subterfuges pour n\u2019\u00eatre vue de son amant qu\u2019en \u00e9tat de gr\u00e2ce. Le nouveau p\u00e8re accepta facilement, bien trop heureux d\u2019\u00e9chapper \u00e0 cette corv\u00e9e bruyante faite d\u2019attente et d\u2019angoisse. Il aimait l\u2019odeur du sang et les cris mais uniquement ceux des b\u00eates qu\u2019il tuait durant ses parties de chasse. C\u2019est ainsi qu\u2019il s\u2019occupa durant l\u2019accouchement de ses deux premi\u00e8res filles.<\/p>\n\n\n\n<p>Devenue m\u00e8re par deux fois, notre f\u00e9e voyait sa perfection se d\u00e9liter jour apr\u00e8s jour en petits lambeaux de fatigue.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la naissance de sa troisi\u00e8me fille, l\u2019\u00e9poux partit \u00e0 nouveau \u00e0 la chasse avec une suite de compagnons. Seulement, cette fois-ci, il pr\u00eata l\u2019oreille aux chuchotements discrets de ses amis. N\u2019\u00e9tait-ce pas \u00e9trange que sa femme refuse sa pr\u00e9sence durant ses couches&nbsp;? Ne prot\u00e9geait-elle pas un secret honteux&nbsp;? N\u2019\u00e9tait-ce pas un moyen de l\u2019\u00e9loigner pour que le vrai p\u00e8re puisse accueillir dans le monde sa prog\u00e9niture&nbsp;? Elle qui commandait aux b\u00eates, n\u2019\u00e9tait-t-elle pas comme la m\u00e8re de Jean de l\u2019Ours&nbsp;? Attrap\u00e9 au collet par la jalousie, il quitta sa compagnie et rentra chez lui sans s\u2019annoncer. Il trouva alors une soci\u00e9t\u00e9 de femmes laides et vieilles, la sienne au milieu. Son troisi\u00e8me enfant \u00e9tait n\u00e9, reli\u00e9 \u00e0 sa matrice par une horrible corde de peau.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019avait pas tenu sa promesse et, \u00e0 partir de ce jour, il ne l\u2019aim\u00e2t plus. Elle n\u2019\u00e9tait d\u00e9sormais pour lui qu\u2019un p\u00e9tale fl\u00e9tri. Il partait de plus en plus longtemps, lui parlait \u00e0 peine. L\u2019affection de son bien-aim\u00e9 perdue, elle se r\u00e9conforta aupr\u00e8s de ses filles qu\u2019elle \u00e9leva pour qu\u2019elles deviennent parfaites et droites en toutes choses. Les trois boutons de rose grandirent, ressemblant chaque jour un peu plus \u00e0 la jeune fille qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9. Ce qui ne manquait pas de troubler leur p\u00e8re. Depuis des ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, il troussait d\u2019autres jupons que ceux de sa femme mais ses maitresses \u00e9taient souvent exigeantes, pein\u00e9es par ceci ou par cela. La vie \u00e9tait plus facile au contact de ses filles.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ch\u00e9rissait particuli\u00e8rement les samedis lorsque son \u00e9pouse rendait visite \u00e0 ses parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs ann\u00e9es pass\u00e8rent, l\u2019a\u00een\u00e9e approchait ses quinze ans. Mais quelque chose avait chang\u00e9&nbsp;: les trois s\u0153urs perdaient de leur lumi\u00e8re. Certes, les corv\u00e9es \u00e9taient nombreuses et les moments de d\u00e9tente trop rares mais elles avaient toujours \u00e9t\u00e9 travailleuses. Non, tout avait commenc\u00e9 avec l\u2019achat d\u2019une baignoire par leur p\u00e8re deux ans plus t\u00f4t, install\u00e9e dans une pi\u00e8ce attenante \u00e0 sa chambre. Leur m\u00e8re leur avait enseign\u00e9 la magie des apparences, elles repr\u00e9sentaient une lign\u00e9e et se devaient d\u2019\u00eatre toujours propres et soign\u00e9es. Mais l\u2019a\u00een\u00e9e \u00e9tait \u00e0 vif. Elle pr\u00e9f\u00e9rait prendre ses bains dans l\u2019eau glac\u00e9e de la rivi\u00e8re, malgr\u00e9 les couleuvres d\u2019eau. Elle s\u2019y rendait au lever du jour, quand la maisonn\u00e9e \u00e9tait encore endormie et tranquille. La seconde s\u0153ur, qui ne se nourrissait presque plus, l\u2019accompagnait parfois tandis que la plus jeune pleurait chaque nuit dans son sommeil en crispant ses doigts si forts qu\u2019il lui fallait de longues minutes pour les d\u00e9tendre au r\u00e9veil.<\/p>\n\n\n\n<p>Une nuit, apr\u00e8s une journ\u00e9e particuli\u00e8rement \u00e9prouvante, elles se retrouv\u00e8rent en secret et conspir\u00e8rent contre leur p\u00e8re, ce vampire assoiff\u00e9 de leur jeunesse&nbsp;! Elles voleraient un couteau \u00e0 la cuisine puis, le samedi, quand leur m\u00e8re serait absente, elles lui interdiraient pour toujours de les approcher. Le jour venu, elles r\u00e9ussirent tant et si bien que leur p\u00e8re pris la fuite en leur promettant une vengeance terrible sous une pluie d\u2019insultes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 son retour, tandis que le soleil se retirait du monde, leur m\u00e8re plongea dans une col\u00e8re de glace. Elle sermonna ses filles durant toute une nuit. Elle f\u00fbt bruyante et terrible. Les animaux de la ferme bramaient, donnaient des coups dans l\u2019\u00e9table. La truie mangea m\u00eame ses petits tandis que les loups hurlaient dans les bois. \u00c0 l\u2019aurore, la maitresse des lieux se calma enfin pour mieux imaginer la mani\u00e8re de punir ses filles et de retrouver son mari&nbsp;: il fallait les s\u00e9parer et les \u00e9loigner. Ainsi, elle envoya la plus jeune travailler dans la ferme d\u2019un de ses cousins. Ce dernier \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour son aigreur et sa laideur v\u00e9n\u00e9neuse, \u00e0 la hauteur de sa m\u00e9chancet\u00e9. La seconde d\u00fb entrer au service d\u2019un pr\u00eatre d\u2019un village haut perch\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es. On le disait grigou et perp\u00e9tuellement paniqu\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de perdre les tr\u00e9sors de son \u00e9glise. Ce n\u2019est pas lui qui lui ferait retrouver l\u2019app\u00e9tit. L\u2019ain\u00e9e devait \u00eatre ch\u00e2ti\u00e9e en dernier. Rest\u00e9e seule et hant\u00e9e par le malheur de ses s\u0153urs, elle \u00e9tait au supplice. Sa m\u00e8re ne la d\u00e9signait plus que comme \u00ab&nbsp;le serpent&nbsp;\u00bb, seul animal qu\u2019elle ne pouvait pas contr\u00f4ler.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 force d\u2019\u00eatre appel\u00e9e \u00ab&nbsp;serpent&nbsp;\u00bb, l\u2019a\u00een\u00e9e devint fascin\u00e9e par cet animal. Durant ses insomnies, elle imaginait un \u00eatre plus grand et plus fort qu\u2019elle qui descendrait des nuages pour la sauver. Elle r\u00eavait de le voir nager au-dessus d\u2019elle, le grand dragon sommeillant dans les mythes. Elle lui d\u00e9diait toutes ses pri\u00e8res. Mais ces derni\u00e8res se perdaient dans l\u2019air comme elle se sentait elle-m\u00eame perdue dans l\u2019eau trouble de son bain. Sa m\u00e8re la for\u00e7ait d\u00e9sormais \u00e0 en prendre un chaque samedi soir. Elle devait rester bien blanche, bien pure. Il fallait bien frotter. Mais d\u00e9sormais notre f\u00e9e d\u00e9chue gardait la porte.<\/p>\n\n\n\n<p>La t\u00eate sous l\u2019eau, les sons de la ferme \u00e9taient \u00e9touff\u00e9s par le poids du liquide. Et l\u2019a\u00een\u00e9e pensait&nbsp;: est-ce que le dragon vit, lui aussi, au fond d\u2019une baignoire c\u00e9leste&nbsp;? Est-ce qu\u2019il regarde, comme elle, les gouttes de sa vie ne troubler aucune surface&nbsp;? Sa magie a-t-elle \u00e9t\u00e9 aspir\u00e9e dans un siphon d\u2019air, pour se dissoudre ensuite dans le cloaque du cosmos&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, ses questions restaient sans r\u00e9ponse. Mais un soir o\u00f9 elle avait \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e seule dans son bain, une pens\u00e9e \u00e9mergea de l\u2019eau depuis longtemps refroidie. \u00c0 l\u2019\u00e9glise, durant le dernier pr\u00eache, les paroissiens avaient \u00e9t\u00e9 longuement avertis des cons\u00e9quences de la tentation. Mais elle n\u2019en avait retenu qu\u2019une seule id\u00e9e&nbsp;: l\u2019Adversaire r\u00e9pond toujours. Un acte de r\u00e9bellion, m\u00eame infime, suffit pour qu\u2019Il nous regarde. Il entend alors tous les mots que l\u2019on prononce. Qu\u2019avait-elle \u00e0 perdre&nbsp;? Rien. Alors, elle cracha sur le sol et insulta le pr\u00eatre, sa m\u00e8re et son p\u00e8re et m\u00eame ses s\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p>Une minute passa, puis la lumi\u00e8re de la lampe vacilla, l\u2019eau f\u00fbt parcourue d\u2019ondulations semblables \u00e0 des anneaux de couleuvre. L\u2019a\u00een\u00e9e plissa des yeux. Elle en \u00e9tait s\u00fbre&nbsp;: l\u2019ombre au coin du mur devenait plus obscure. Elle se condensait dans une mati\u00e8re palpitante. Assise dans la baignoire blanche, les cheveux mouill\u00e9s coll\u00e9s sur la peau de son dos, elle regardait s\u2019extirper du mur une araign\u00e9e faite de huit doigts, gesticulant au bout d\u2019un bras maigre. Elle s\u2019approchait d\u00e9j\u00e0 de son visage pour y d\u00e9poser un simulacre de caresse.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cet instant, la lampe s\u2019\u00e9teignit et les cris commenc\u00e8rent. Quand le silence revint, il n\u2019y avait plus que la lune pour \u00e9clairer de ses doux rayons l\u2019eau verte dans laquelle chatoyaient mille \u00e9cailles.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est avec ce bapt\u00eame que se termina la premi\u00e8re vie de la fille aux bains de l\u2019aube et que commen\u00e7a la mienne. Si ma premi\u00e8re forme f\u00fbt br\u00e8ve, la seconde f\u00fbt bien plus longue. Alors je me suis fait des habitudes, ce sont les miennes. Je raconte des histoires et je les regarde nager dans les pens\u00e9es des hommes. \u00c0 votre tour de les entendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-style-default has-background\" style=\"border-width:5px;background-color:#3989be\">Revenez sur <em>Les Lettres de Phob\u00f3s<\/em> pour lire la premi\u00e8re partie de <em>Natrix Somnia<\/em> le lundi 24 novembre \u00e0 18h.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ces prochaines semaines, je vous propose de d\u00e9couvrir une nouvelle sur laquelle je travaille depuis une ann\u00e9e : Natrix Somnia. Voici son prologue. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un conte, lui-m\u00eame inspir\u00e9 d&rsquo;une l\u00e9gende que vous d\u00e9couvrirez plus tard. Comme tous les contes, il est fait pour r\u00e9sonner avec nos vies et avec leurs douleurs. 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