{"id":1165,"date":"2026-02-16T18:00:00","date_gmt":"2026-02-16T17:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/lettresdephobos.com\/?p=1165"},"modified":"2026-01-07T13:58:22","modified_gmt":"2026-01-07T12:58:22","slug":"les-prieres-damelia-natrix-somnia-6-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lettresdephobos.com\/index.php\/2026\/02\/16\/les-prieres-damelia-natrix-somnia-6-7\/","title":{"rendered":"Les pri\u00e8res d&rsquo;Am\u00e9lia &#8211; Natrix Somnia 6\/7"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-accent-5-background-color has-background\" style=\"border-width:4px\">Aujourd&rsquo;hui, je publie l&rsquo;avant-dernier chapitre de ma nouvelle <em>Natrix Somnia<\/em>. Il fait un pas de c\u00f4t\u00e9 en nous donnant acc\u00e8s \u00e0 la voix d&rsquo;Am\u00e9lia.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<div style=\"height:35px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Ce samedi matin, Am\u00e9lia est encore endormie au plus profond de son lit quand son t\u00e9l\u00e9phone sonne. Elle r\u00e9ussit tant bien que mal \u00e0 se lever, le cherche \u00e0 l\u2019oreille&nbsp;; ses yeux sont encore \u00e0 moiti\u00e9 ferm\u00e9 de sommeil. Elle tr\u00e9buche sur son pantalon abandonn\u00e9 sur le sol. Le t\u00e9l\u00e9phone est dans une des poches. Elle le prend, ne d\u00e9croche pas. Elle pourrait. Il est encore temps mais le nom qui s\u2019affiche la t\u00e9tanise&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ga\u00ebl domicile&nbsp;\u00bb. Elle a besoin d\u2019une minute pour se ressaisir. Elle v\u00e9rifie plusieurs fois le nom dans les appels manqu\u00e9s, se souvient que Ga\u00ebl est bien mort. Un message sur le r\u00e9pondeur appara\u00eet. Elle l\u2019\u00e9coute assise au bord du lit, sa main presse la peau de son ventre pour faire dispara\u00eetre la sensation de torsion qui s\u2019y loge. Son t-shirt est trop l\u00e9ger pour le froid du matin&nbsp;; elle a la chair de poule. Le message se lance&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Bonjour Am\u00e9lia. C\u2019est Raymond, vous savez le fr\u00e8re de Ga\u00ebl que vous avez eu la gentillesse de raccompagner. Est-ce que vous seriez disponible ce soir pour venir \u00e0 <em>An Hu\u00f1vre<\/em>&nbsp;? Je pourrais vous faire de la <em>capponata<\/em>. En fait, je ne vous cache pas que j\u2019ai du mal \u00e0 trier ses affaires, \u00e0 savoir ce qu\u2019il faut vendre, garder. Vous m\u2019aideriez en buvant un peu de sa r\u00e9serve de vin et vous pourriez prendre ce qui vous serait utile, pour chez vous. Et puis, j\u2019aimerai continuer \u00e0 vous entendre parler de lui et de la distillerie. Voil\u00e0. Tenez-moi au courant&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir raccroch\u00e9, Am\u00e9lia se fait couler un bain. Elle a besoin de r\u00e9fl\u00e9chir, de mettre sa t\u00eate sous l\u2019eau et d\u2019entendre le bruit du monde de loin. Une fois immerg\u00e9e, elle se convainc que c\u2019est le bon moment. Il est temps de parler de son histoire \u00e0 quelqu\u2019un et Raymond repr\u00e9sente aussi pour elle un myst\u00e8re. S\u2019il vide la maison, il finira bien par trouver des vestiges d\u2019elle et de Ga\u00ebl. Elle ira.<\/p>\n\n\n\n<p>Am\u00e9lia aime prier le soir, \u00e0 la nuit tomb\u00e9e. Ce soir, elle ne pourra peut-\u00eatre pas. Il faudra qu\u2019elle s\u2019en passe. Sa premi\u00e8re pri\u00e8re, elle l\u2019a faite quelques jours apr\u00e8s ses quinze ans. Elle ne se souvient plus vraiment pourquoi ou si elle avait demand\u00e9 quelque chose de particulier. C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre que le mec de sa s\u0153ur n\u2019entre plus dans la salle de bain pendant qu\u2019elle prenait sa douche ou que son chien ressuscite ou que le prof de sport, Letourneur, accepte sa dispense le lendemain. Toujours est-il que prier est devenu une habitude. Une habitude un peu honteuse et secr\u00e8te. Ses parents n\u2019\u00e9taient pas croyants. Ils allaient dans les \u00e9glises sans spiritualit\u00e9, pour la beaut\u00e9 des \u00e9difices. Elle ne tenait pas \u00e7a d\u2019eux, c\u2019est s\u00fbr. Au d\u00e9but, ils se montraient inquiets, ils ne comprenaient pas&nbsp;: \u00ab&nbsp;elle n\u2019allait pas devenir une grenouille de b\u00e9nitier quand m\u00eame&nbsp;\u00bb. Non, elle n\u2019allait pas faire \u00e7a. Elle ne voulait m\u00eame pas aller \u00e0 l\u2019\u00c9glise. Mais elle d\u00e9testait devoir s\u2019expliquer, se justifier, les rassurer. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re chose qu\u2019elle d\u00e9cidait par elle-m\u00eame. Elle acheta sa tranquillit\u00e9 en leur promettant d\u2019arr\u00eater. Elle leur fit croire qu\u2019elle \u00e9tait pass\u00e9e \u00e0 autre chose. En r\u00e9alit\u00e9, elle attendait qu\u2019ils soient couch\u00e9s, que toutes les lumi\u00e8res soient \u00e9teintes pour qu\u2019elle puisse fermer sa porte sans \u00e9veiller de soup\u00e7ons. L\u00e0, elle s\u2019agenouillait sur le sol, pr\u00e8s de son lit, joignait les mains et balbutiait ce qu\u2019elle pouvait. Elle ne connaissait aucune pri\u00e8re alors elle inventait les siennes. Elle y mettait un peu de latin, pioch\u00e9 \u00e0 gauche et \u00e0 droite, parce qu\u2019elle trouvait \u00e7a beau. Durant le reste de son adolescence et des premi\u00e8res ann\u00e9es de sa vie d\u2019adulte, y compris durant ses \u00e9tudes \u00e0 Rennes, elle continua de prier. Beaucoup de ses pri\u00e8res \u00e9taient exauc\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Sauf avec Ga\u00ebl et sauf avec son chien aussi qui n\u2019est jamais revenu.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Ga\u00ebl, rien ne se passait comme elle le voulait. Au d\u00e9but, oui. Il l\u2019avait embauch\u00e9, lui avait appris de belles choses comme la fabrication des \u00e9lixirs qui enivrent, ceux qui vous r\u00e9v\u00e8lent. Elle \u00e9tait son \u00e9l\u00e8ve. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s, elle se sentait sp\u00e9ciale. Son nom \u00e9tait apparu de plus en plus souvent dans ses pri\u00e8res. Un samedi, apr\u00e8s la fermeture du magasin de la distillerie, alors qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient plus que tous les deux, Ga\u00ebl lui avait pris la main, comme si c\u2019\u00e9tait la chose la plus naturelle du monde. Elle ne dormit pas chez elle cette nuit-l\u00e0, ni aucun des samedis qui suivirent. Malgr\u00e9 leurs trente-cinq ans d\u2019\u00e9cart, elle trouvait qu\u2019il \u00e9tait le plus beau, le plus dou\u00e9. Il n\u2019avait aucun d\u00e9faut. Elle aimait m\u00eame son haleine \u00e9trange, l\u00e9g\u00e8rement v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, elle aurait d\u00fb se douter que \u00e7a n&rsquo;irait pas. D\u00e8s le d\u00e9part, ils ne se voyaient qu\u2019un soir par semaine durant lequel ils se retrouvaient toujours chez lui. Jamais \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Il ne voulait pas non plus venir chez elle. \u00c0 la distillerie personne ne savait. C\u2019est lui qui ne voulait pas. Il \u00e9tait tr\u00e8s exigeant sur les pr\u00e9cautions \u00e0 prendre. Leur histoire est devenue un secret suppl\u00e9mentaire dans la vie d\u2019Am\u00e9lia. Elle se disait que ce n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas si mal. Elle n\u2019aurait pas support\u00e9 les regards, les rumeurs in\u00e9vitables, la remise en cause de sa sinc\u00e9rit\u00e9. Malgr\u00e9 tout, elle aurait voulu l\u2019avoir pour elle-seule plus d\u2019un soir par semaine. Mais il refusait cat\u00e9goriquement, se montrait d\u00e9sagr\u00e9able quand elle insistait. Elle ne comprenait pas ses changements de comportements. Un jour, elle lui dit qu\u2019elle voulait qu\u2019ils arr\u00eatent de se voir. Ce n\u2019\u00e9tait pas vrai mais elle voulait le tester, observer sa r\u00e9action. Il a simplement dit \u00ab&nbsp;Comme tu voudras&nbsp;\u00bb. Ce n\u2019\u00e9tait pas ce qu\u2019elle avait eu envie d\u2019entendre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, la distillerie \u00e9tait en pleine expansion. Elle noyait sa frustration dans le travail, faisait des heures suppl\u00e9mentaires, arrivait tr\u00e8s t\u00f4t et partait le plus tard possible. La nuit, ses pri\u00e8res prenaient une intensit\u00e9 nouvelle dont Ga\u00ebl \u00e9tait l\u2019unique objet. De retour \u00e0 son poste de travail, elle surprenait, l\u2019air de rien, les regards qu\u2019il lui jetait \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e. La v\u00e9rit\u00e9 est qu\u2019elle les guettait, cherchait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment les signes de la r\u00e9alisation de ses liturgies nocturnes. Malheureusement, c&rsquo;est l\u2019inverse qui se produisait. Ga\u00ebl \u00e9tait de moins en moins pr\u00e9sent, il ne lui parlait presque plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Am\u00e9lia, ce f\u00fbt des mois \u00e9reintants, troubl\u00e9s, pleins de grands espoirs d\u00e9\u00e7us.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais une nuit, alors qu\u2019elle cherchait le sommeil, la lumi\u00e8re de son t\u00e9l\u00e9phone \u00e9claira sa chambre. C\u2019\u00e9tait un message de Ga\u00ebl qui disait \u00ab&nbsp;Am\u00e9lia, tu me manques. Viens samedi. On discutera de nous et de la distillerie&nbsp;\u00bb. Elle le relu une dizaine de fois surtout ce premier \u00ab&nbsp;tu me manques&nbsp;\u00bb. Reconnaissante, elle se leva pour allumer ses meilleures bougies. Elle pria jusqu\u2019au matin \u00e0 s\u2019en ab\u00eemer la chair des mains.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils se retrouv\u00e8rent chez lui le samedi suivant. La nuit \u00e9tait douce comme le sont celles des pr\u00e9misses de l\u2019\u00e9t\u00e9. Les insectes fredonnaient et s\u2019agitaient dans l\u2019air. La maison \u00e9tait fra\u00eeche et sentait \u00e0 la fois le c\u00e8dre et le chaux chanvre. Ils n\u2019ont ni mang\u00e9, ni discut\u00e9 d\u2019eux ou de la distillerie. Une fois d\u00e9chauss\u00e9e et son manteau jet\u00e9 sur la premi\u00e8re chaise venue, hypnotis\u00e9e, elle suivie Ga\u00ebl dans sa chambre pour effacer les silences des derniers mois.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois heures plus tard, les yeux grands ouverts dans le lit, Am\u00e9lia r\u00e9fl\u00e9chissait. Apr\u00e8s des mois d\u2019attente, Ga\u00ebl avait fait le premier pas. Il lui avait affirm\u00e9 qu\u2019elle lui manquait et venait de lui prouver \u00e0 quel point ils pouvaient \u00eatre complices, que leurs liens \u00e9taient forts. Dans la chaleur des draps, elle se sentait confiante. Leur relation avait pass\u00e9 un cap. Elle devait aussi donner un gage d\u2019attachement alors elle lui dit ce qu\u2019elle n\u2019avait jamais dit \u00e0 personne&nbsp;: qu\u2019elle priait tous les soirs, qu\u2019elle se sentait un peu ridicule, \u00e0 son \u00e2ge, de ne pas oser en parler, de ne pas oser prier ailleurs que chez elle. Elle lui dit \u00ab&nbsp;Tu dois me trouver b\u00eate&nbsp;\u00bb. D\u2019abord, il ne r\u00e9pondit rien. Ni oui, ni non. Il fixait le mur silencieux et, toujours sans la regarder, il annon\u00e7a \u00ab&nbsp;Tu ne peux pas faire \u00e7a ici&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Am\u00e9lia tenta de d\u00e9faire les fils de la corde \u00e9motionnelle qui se nouait sous ses yeux. Elle essaya de le rassurer. Elle n\u2019avait pas l\u2019intention de transformer sa maison de famille en temple ou de lui imposer ses croyances. Elle avait voulu partager quelque chose d\u2019intime avec lui. \u00ab&nbsp;Ne recommence jamais&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 sa seule r\u00e9ponse. Puis, il p\u00e9ta et se mit \u00e0 rire. \u00c0 cet instant, Am\u00e9lia eu la sensation que ses sentiments \u00e9taient pris, roul\u00e9s en boule bien tass\u00e9e et balanc\u00e9s dans une poubelle trop pleine. Dans un \u00e9tat de sid\u00e9ration, qu\u2019elle n\u2019avait plus ressenti depuis la mort de son beau-fr\u00e8re dans un accident de moto, elle se rhabilla en silence, sortit de la maison, monta dans sa voiture et rentra. Leur derni\u00e8re soir\u00e9e ensemble fut un coup de massue derri\u00e8re la t\u00eate. Am\u00e9lia se retrouvait au sol sans souffle.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux semaines plus tard, Ga\u00ebl la convoquait dans son bureau. Elle y aurait bient\u00f4t une nouvelle distillatrice. Il faudrait qu\u2019elle la forme \u00e0 leurs process rapidement pour qu\u2019elle puisse proposer une nouvelle gamme d\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e. D\u2019ailleurs, il organisait une f\u00eate pour ses soixante ans ce soir. Elle serait l\u00e0. Elles pourraient se rencontrer, se serait bien, non&nbsp;? Am\u00e9lia avait accept\u00e9. Mais avant une heure du matin, Ga\u00ebl \u00e9tait retrouv\u00e9 pendu dans son garage.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:35px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-accent-5-background-color has-background\" style=\"border-width:4px\">Revenez par ici le 2 mars pour d\u00e9couvrir le dernier chapitre de <em>Natrix Somnia<\/em> et d\u00e9couvrir la confrontation entre Raymond et Am\u00e9lia. D&rsquo;ici l\u00e0, avez-vous d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e de la l\u00e9gende qui a servi d&rsquo;inspiration \u00e0 cette histoire ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">L&rsquo;illustration de l&rsquo;article est \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/10485077@N06\/9490352356\">Albino Snake<\/a>\u00a0\u00bb by <a href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/10485077@N06\">edenpictures<\/a>, licensed under <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by\/2.0\/?ref=openverse\">CC BY 2.0<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd&rsquo;hui, je publie l&rsquo;avant-dernier chapitre de ma nouvelle Natrix Somnia. 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